Parc de Tsimbazaza CHRONIQUE DE VANF du 18 Novembre 2021

Le parc de Tsimbazaza (PBZT), est une adresse incontournable de la Capitale. Il représente et symbolise la protection de la faune et la flore, l’environnement de Madagascar. Aujourd’hui, que reste—t-il de ce symbole ?

Parc de Tsimbazaza ou PBZT : le juridique et le politique

Botanique et Zoologique. Au parc de Tsimbazaza, le grand public n’a pourtant d’yeux que pour l’emblématique «Lemur catta» (maki) à la queue annelée qui n’y fit pourtant son apparition qu’en 1939 ; le «Cryptoprota ferox» (fosa) la plupart du temps invisible au visiteur diurne ; le «Halietus vociferoides» (ankoay) dont l’État malagasy avait pu faire le nom du seul jamais Boeing 747 d’Air Madagascar ; les tortues géantes (originaires des Seychelles) dont les gémissements d’accouplement se faisaient fortement entendre jusqu’à la rue Georges Andriamanantena ; le «Potamochaerus larvatus» (lambo), qui ne semblait pas plus farouche que son cousin domestiqué en «lambo resy», et dont le plus célèbre spécimen, baptisé «Émile», mourut en 1940.

Mais, le PBZT (parc botanique et zoologique de Tsimbazaza) n’est pas que cette faune spectaculaire, quoique décrépite. Il fut d’abord un jardin botanique avec des espèces dont seuls s’émeuvent les spécialistes : «Musa perrieri», la seule espèce malgache de bananier, les grands aloë (Vahombe), les délicates fougères…

Le PBZT, ce sont également des travaux en laboratoire pour sauver les plantes menacées de disparition pure et simple, avec la destruction systématique des forêts. C’est ainsi qu’en 2003, un projet était monté pour la germination, la multiplication et la réintroduction de l’angraecum longicalcar dans son habitat naturel. Avec les «tavy» et les «doro-tanety», si l’angraecum peut germer à Tsimbazaza, son habitat naturel risque d’avoir disparu entre-temps.

Le PBZT, c’est aussi ce lac autour duquel tout un peu s’articule. Sa création remonte à l’époque royale et une dernière cérémonie de «tampi-masoandro», levée d’un deuil dans la famille régnante, y eut lieu le 5 janvier 1889. La maison de Rasanjy, dont l’architecture évoque le Tranovola d’Anatirova, abrite la formidable bibliothèque léguée par les Grandidier père et fils : la collection avait dû fuir une maison à la toiture crevée, avec les conséquences désastreuses qu’on imagine, et la sauvegarde de ce fonds mériterait un Ministère dédié. Une autre «Trano Gasy» tout aussi remarquable, aujourd’hui en bordure de la rue Fernand Kasanga, avait été habitée par Henri Perrier de la Bathie avant de devenir l’herbier du Parc.

Le PBZT, constitue un formidable terrain au coeur de la Capitale : de 12 hectares, à sa création le 29 août 1925 par le Gouverneur Général Marcel Olivier, le Jardin botanique passera à 16 hectares en 1932. En décembre 1934, après l’annexion des terrains de l’ancienne propriété de Rasanjy, sise au lieu-dit Andoharano, la surface du Parc atteindra 27 hectares.

Relevant du Ministère de l’Enseignement Supérieur, le PBZT est un centre national de recherches, «un établissement public à caractère administratif et à vocation culturelle et scientifique». Au même titre que le CNARP (centre national d’application des recherches thérapeutiques), le FOFIFA (centre national de recherche appliquée au développement rural), l’INSTN (institut national des sciences et techniques nucléaires), l’IMVAVET (institut malgache des vaccins vétérinaires), le CNRE (centre national de recherches sur l’environnement), le CNRO (centre national de recherches océanographiques), le CNRIT (centre national de recherches industrielles et technologiques) ou le CIDST (centre d’information et documentation scientifique et technique).

La dernière loi en date sur les établissements publics, la loi 2018-037 promulguée en février 2019, définit un établissement public comme «un organisme public chargé d’une mission d’intérêts publics spécifiques, doté d’une personnalité juridique distincte de celle de l’État et des autres Collectivités publiques, d’une autonomie administrative et financière et d’un patrimoine propre». Dans ce «projet», entre l’État Malagasy et une Fondation privée, je n’ai pas entendu le Conseil d’Administration du PBZT alors que la tutelle d’un Ministère est (juste) censé «assurer le respect des lois en vigueur et à faire prévaloir un intérêt public supérieur».

Pour chaque établissement public, les tenants de l’État seront rassurés d’apprendre que le Conseil d’Administration comprend généralement une forte majorité de représentants des ministères ; par contre, les partisans du moins d’État seront catastrophés de découvrir deux strapontins réservés au secteur privé et aux organisations sectorielles.

Quand on voit ce que devient le centre FOFIFA de Moriandro, près de Mahitsy, ou l’encombrement par de multiples épaves automobiles, publiques et privées, du parking du CIDST à Tsimbazaza, sinon la «modestie» des locaux d’un institut aussi «sensible» (applications pacifiques du nucléaire, nanotechnologies, rayons ionisants, gestion des déchets radioactifs) que l’INSTN à Ankatso, on peut se perdre en conjectures quant à la meilleure formule.

Pour l’anecdote, dès 1937, Pierre Boiteau (directeur du Parc de septembre 1934 à novembre 1938 et de décembre 1940 à juin 1947) s’inquiétait d’une possible disparition des collections de l’Académie Malgache dans un éventuel incendie : le «Palais de la Reine», qui les abritait alors, étant en bois. Heureusement, que cette collection avait été déménagée avant le 6 novembre 1995.

By VANF

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